Historique du Port Gros-Cacouna


Gros-Cacouna, une réalité.

Ouverture Officielle Le 07 Juin 1981 à 14 heures

Tel pouvait se lire l'annonce officielle de l'ouverture de ce port en eau profonde par le gouvernement du Canada (Travaux publics Canada) qui y investit 21 $ millions dans les installations portuaires.
Revenons en arrière...
1956- Des intérêt privés font entreprendre une étude sur l'emplacement de Gros-Cacouna.
1957- Le ministère Fédéral des Mines et Recherches techniques publie une étude sur les conditions des glaces fluviales de l'île de Cacouna.
1958- Des experts fédéraux viennent étudier sur place des possibilités d'aménagement d'installations portuaires à Gros-Cacouna.
1959- Le 26 avril, formation à Rivière du Loup du comité des voies de communications, organisme chargé de coordonner les efforts pour obtenir l'engagement d'un port de mer ouvert à longueur d'année sur la voie maritime du St Laurent. Le 7 septembre, le comité international de communication se manifeste d'une façon spectaculaire pour attirer l'attention du public et des médias sur le projet portuaire Gros-Cacouna. Plusieurs ministres fédéraux et le gouverneur de l'état du Maine figurent parmis les personnalisées présentes à un banquet au cours duquel le gouvernement du Canada, par son porte-parole se déclare convaincu du bien-fondé du projet.
1960- Les fonctionnaires de Travaux publics Canada reçoivent instruction de préparer une estimation du prix de la construction d'un quai en eaux profondes à Gros-Cacouna.
1962- En avril, au moment de se lancer dans la politique fédérale, M. Rosaire Gendron, principale promoteur du port de mer, pose comme condition de sa candidature l'engagement du leader de l'opposition Lester B. Pearson, à reconnaître, advenant son accession au pouvoir, l'urgent besoin d'un port et à s'engager à construire de nouvelles installations portuaires dans le cadre du plan de développement régional de l'est du Québec. Cet engagement fut signé par M. Pearson le 19 avril. Durant la même période, on apprenait que l'étude technique du projet de port était terminée, qu'une étude sur maquette était projetée pour confirmer les constatations des ingénieurs. Rappelons que le 12 mars, des centaines d'habitants de la région s'étaient rendus à Ottawa pour réclamer des développements concrets dans le dossier du port de mer de Gros-Cacouna.
1964- A l'automne , des soumissions sont demandées pour la réalisation de la première phase du programme d'aménagement portuaire à Gros-Cacouna., à savoir, la construction d'une chaussée reliant la grande route à l'emplacement du port et la construction de deux brise-lames.
1966- A l'automne, la société de recherches économiques et scientifiques (SORES) est mandatée par l'ARDA pour effectuer une étude économique et opérationnelle du port de Gros-Cacouna.
1967- Au début de 1967, l'étude du trafic potentiel du port de Gros-Cacouna. est publiée. Cette étude touche la gestion du futur port, la possibilité d'y aménager un terminal de containers, le rôle du port dans un système de communications intégrées inter rives, une analyse d'opération du port, une étude du marché en prévision de l'aménagement d'un parc industriel. En juin 1967, des erreurs de calcul empêchent la construction d'un élévateur à grain par la compagnie Garnac à Gros-Cacouna.
1968- Dans la foulée du comité international des voies de communications, un comité international de coopération économique est formé au mois de mai 1968, pour promouvoir les intérêts du territoire de Kamouraska-Rivière du Loup-Témiscouata, du nord du Maine et du Nouveau Brunswick.
1969- L'année 1969 est marquée par une succession d'efforts pour convaincre les gouvernements d'Ottawa, de Québec et les groupements socio-économiques de la région de faire front commun pour que les travaux de construction continuent. Il en est de même pour l'année 1970.
1971- L'évènement de l'année 1971, dans le dossier Gros-Cacouna. est sans conteste la publication, en février du rapport de l'étude Lalonde, Valois, Lamarre et Associés sur les transport dans l'est du Québec. Ce rapport conclut au besoin d'un port majeur en eaux profondes import-export dans la région.
1972- L'année 1972 est fertile en évènements sensationnels. On parle maintenant pour Gros-Cacouna, d'une vocation de super port pétrolier pour alimenter un pipe-line vers Québec et Montréal. Le 13 avril, la nouvelle se repend que la société Misener a présenté au gouvernement du Canada une proposition pour le développement de Gros-Cacouna comme port de transbordement en eaux profondes pour la marchandise en vrac. Ce port, un projet de Ralf Misener, sera unique en Amérique du Nord. Le 23 mai, une autre bonne nouvelle, le gouvernement fédéral décide de reprendre les travaux d'aménagements du port de Gros-Cacouna qui, selon M. Misener, pourrait révolutionner la stratégie d'import-export entre le Canada et les États-unies. Au cours de l'automne, le nom de l'ile-Verte est prononcé pour la première fois comme emplacement d'un super port.
1973- L'année 1973 se révèle houleuse pour le projet portuaire régional dont l'emplacement prête à controverse. En mai, Gros-Cacouna est considéré comme un mauvais endroit pour accueillir des super pétroliers. Le 6 juin, le Premier ministre du Québec, M. Robert Bourassa prend position en faveur de Gros-Cacouna. Des promoteurs d'Olco visitent l'endroit. Peu après, c'est au tour de dirigeants de la Corporation Havre Champlain de visiter l'emplacement de Gros-Cacouna. A la fin de juin, Gros-Cacouna et l'île Verte sont mis en veilleuse. On parle maintenant de Grande-ile, au large de Kamouraska, comme emplacement du super port. Même le vérificateur du gouvernement du Canada, en octobre, prend Gros-Cacouna à partie dans son rapport annuel en déclarant que les $ 8 millions investis à ce jour à cet endroit sont une dépense inutile. On parle maintenant d'aménager le super port sur la rive Nord du fleuve du St Laurent. En même temps, les études sur les risques écologiques d'un super port tournent à l'affrontement. Les apôtres de l'environnement crient au meurtre des oies sauvages. D'autres experts, moins alarmistes, parlent de précautions à prendre tout en recommandant la construction d'un super port. De leur coté, les promoteurs du port de Gros-Cacouna se refusent à accepter les risques écologiques dans les retombées économiques. On ne veut pas un simple robinet de pipe-line, on réclame des raffineries.
1974- Le 21 janvier, la corporation Havre Champlain demande un bail de location de l'infrastructure existante à Gros-Cacouna et offre de compléter à ses frais les installations pour les utiliser. Des rumeurs circulent selon lesquelles Ottawa ne peut prendre de décision sur Gros-Cacouna avant qu'une politique fédérale globale sur le port de mer ne soit arrêtée. On apprend en même temps que le gouvernement du Québec n'a pas pris de décision au sujet de l'aménagement d'un nouveau port majeur sur son territoire. Durant le reste de l'année, le Comité de promotion du port de Gros-Cacouna se révèle très actif et va même jusqu'a demander une entrevue avec le Premier ministre du Canada, M. Pierre Trudeau. A la fin de 1974, la ville de Rimouski donne son appui au projet de super port, tout en accusant le ministre Jean Marchand d'esprit de clocher en favorisant Québec et la société Interport au détriment de Gros-Cacouna.
1975- Dès le début de l'année, la lutte continue pour obtenir la reconnaissance, par le gouvernement, du projet de Gros-Cacouna. Le 8 avril, le premier, Robert Bourassa annonce que le gouvernement québécois accorde son appui au projet de construction et d'aménagement d'un port en eaux profondes à Gros-Cacouna, par la société Havre Champlain. Les promoteurs du projet axent leurs pressions sur Ottawa et le 10 juin, 1300 citoyens de la région, membres de la Caravane Gros-Cacouna, manifestent pacifiquement sur la colline parlementaire fédérale. On réclame de l'action sous forme d'une décision finale du gouvernement central dans ce dossier. Avant la fin de l'année, le ministre Jeanne Sauvé, à Ottawa, et le ministre Jacques-Yvan Morin, à Québec, se prononcent en faveur de Gros-Cacouna comme emplacement. Le ministre Jean Marchand déclare pouvoir prendre une décision avant la fin de l'année sur l'aménagement portuaire de Gros-Cacouna et le ministre Otto Lang est pressé de se prononcer.
1976- Au début de 1976, le ministre Lang semble devenir plus enclin à donner le feu vert à la reprise des travaux d'aménagement de Gros-Cacouna. Il croit que cet endroit est bien approprié pour l'entreposage des grains.
1977- Pendant les premiers mois de 1977, l'offensive de persuasion de chefs de file de la région se poursuit pour convaincre le gouvernement fédéral d'ouvrir à nouveau le chantier d'aménagement à Gros-Cacouna. Le 23 octobre, sur l'emplacement même de Gros-Cacouna les ministres Otto Lang et Jeanne Sauvé annoncent officiellement que le gouvernement du Canada investira un million et demi de dollars en vus de la réalisation d'un quai régional à cet endroit. La première pelletée de terre est levée par M. Lang sur l'emplacement du futur quai du cargo général.
1978- Au début de 1978, le ministre québécois des transports, M. Lucien Lessard, informe la compagnie Scott-Misener que le gouvernement du Québec ne s'opposera pas à la réalisation du projet portuaire de Gros-Cacouna si cette société est convaincue qu'il existe un potentiel réel de développement d'un port de transbordement à cet endroit. Le 23 avril, le ministre fédéral de Travaux publics Canada, l'Honorable Judd Buchanan visite l'emplacement de Gros-Cacouna et annonce la disponibilité de fonds pour la construction d'un quai commercial. Les promoteurs locaux et régionaux entreprennent le dernier sprint, celui d'obtenir la conclusion d'une entente entre Ottawa-Québec-Misener sur la réalisation du super port de Gros-Cacouna à partir des infrastructures en vois d'aménagement. On annonce que Gros-Cacouna pourrait être un choix possible comme terminus des méthaniers du Grand Nord pour l'approvisionnement en gaz naturel de l'est du Canada. Fin novembre, on apprend que la réalisation d'un super port de transbordement de $ 3000 millions par Havre Champlain, filiale de Misener, n'est retardée que par l'indécision et les retards de Québec à transiger sur des lots d'eau pouvant restreindre sa juridiction territoriale. L'année 1978 se termine par une démonstration en laboratoire, à Montréal, des possibilités de navigation dans la région de Cacouna.
1979- En janvier, il est rumeurs que le projet d'aciérie Canada-Stelco se réalise dans la zone de Gros-Cacouna. A la mi-février, une publication économique fait état des chances pour la zone portuaire de Gros-Cacouna-Ile Verte de devenir le terminus dans le fleuve St Laurent, des méthaniers transporteurs de gaz naturel liquéfié en provenance de l'arctique Canadien. A la fin de février, le gouvernement du Canada fait savoir que $ 3 500 000. seront octroyés pour concrétiser les travaux d'aménagement d'un premier quai commercial à Gros-Cacouna. Au cours des mois suivants, les travaux entrepris se poursuivent à Gros-Cacouna, pendant que se déroulent les négociations devant conduire à la conclusion de l'entente tripartite équivalent au feu vert pour la construction du super port de transbordement de marchandises en vrac, à Gros-Cacouna. En décembre, on apprend que la signature de l'entente Québec-Ottawa-Havre Champlain aura lieu à Cacouna le 14 décembre. Douze heures avant la signature, le gouvernement fédéral déclenche des élections générales et la signature est remise à plus tard.
1980- Le 26 janvier, le premier navire à s'amarrer au premier quai commercial de Gros-Cacouna, le Bella fait son entrée dans la rade. Le 31 janvier, à Québec, la signature de l'entente Québec-Ottawa-Havre Champlain pour la réalisation du super port de transbordement de vrac à Gros-Cacouna se fait. Cette entente prévoit qu'Ottawa cède l'investissement de $ 55 millions présentés par la rade actuelle, à la corporation Havre Champlain qui assurera la gérance jusqu'en 2023. Le gouvernement du Canada donne à Havre Champlain jusqu'en 1993 pour réaliser son projet évalué à $ 330 millions et jusqu'en 2010 pour le gérer en exclusivité.. Au début de juin commence la construction du hangar d'entreposage sur le premier quai commercial à Gros-Cacouna. Le 2 juillet, le président de Havre Champlain, M. Marcel Piché, déclare que cette corporation continue à recruter des investisseurs-associés pour conclure le financement du projet de super port de transbordement de marchandises en vrac à Gros-Cacouna.
Pour obtenir un bassin d'une superficie de 185 000 mètres carrés, avec une profondeur à marée basse de 12 m, il fallut enlever 2 750 000 m cubes de déblais.

 

 

Chronologie des principaux évènements de ce port.

Il s'écoula 20 ans entre la fondation d'un comité de promotion du projet et le début des travaux de construction d'un premier quai commercial. Il fallut maintes démarches et pressions pour obtenir le début du chantier dont en voici un court résumé :

Source: supplément St Laurent- Écho du 2 juin 1981

Gardiens de quai
Louis D"Amour
Tél. bur.: 418-867-1784
Téléc.: 418-867-4632

Transport Canada

Prédictions des marées

Pèche et Océans Canada