Cacouna tire son nom de la langue Algonquine (Kokanang) ou Cris (Kakwanak). Il y a bien des versions de ce mot, tel que Kakoua-nak mais au 21e Siècle et après quelque 333 années d'histoire, le nom de notre municipalité est bel et bien Cacouna où il y a toujours des porcs-épics.
1. Dès l'arrivée des blancs, la population autochtone de la région parmi laquelle on comptait les Papinachois était déjà en déclin.La maladie et les attaques des iroquois en furent les raisons principales.
Jusqu'au XVIe siècle, les Malécites vivaient au Nouveau-Brunswick; leur territoire s'étendant vers l'ouest à partir de la rivière Saint-Jean. Leurs membres sont originaires de la Confédération Wabanaki qui regroupait les Penobscots, les Passamaquoddy, les Abénaquis du Maine et les Micmacs. Semi-nomades, ils vivaient de chasse et de pêche, mais ils cultivaient aussi le maïs. La principale communauté malécite, Médotec, était située aux abords de la rivière Saint-Jean.
En 1694, au contact des Européens, la peste décime la population emportant ainsi 120 Malécites; le reste de la communauté devant alors délaisser temporairement le village.
Les Malécites se sont alliés aux Français lors des guerres de colonisation : ils furent considérés comme un élément majeur de la défense française. En 1728, toutefois, les Malécites ratifient le traité de paix conclu à Boston avec les Anglais et, en vertu de ce traité, les Indiens de la Nouvelle-Angleterre de la Nouvelle-Écosse reconnaissent la souveraineté britannique sur la Nouvelle-Écosse. Le ressentiment des Malécites à l'endroit des Anglais dura jusqu'à la capitulation de Québec, en 1763. En 1828, une trentaine de familles formèrent un établissement à Viger (une concession de 3 000 âcres de terrain divisé en lots de 100 acres) près de la rivière Verte en Gaspésie; d'où l'origine de leur appellation actuelle, les Malécites de Viger.
Selon la politique de sédentarisation en vigueur à cette époque, on incite les malécites à s'y installer de façon permanente et le gouvernement leur fournira des semences et des provisions à cet effet. Les mesures d'incitation échouent et faute d'occupation de cet établissement par les Malécites, le gouvernement canadien cède aux pressions des colons intéressés par ces terres fertiles et Viger est rétrocédé en 1869 (voir ce traité). En 1876, le gouvernement fédéral crée la réserve de Whithworth, puis celle de Cacouna en 1891 et on y construit des maisons. Les Malécites résistent cependant au mode de vie sédentaire; la population canadienne et québécoise en vint presque à oublier leur présence au Québec tant les Malécites se sont dispersés sur le territoire québécois.
Fidèles à leur mode de vie traditionnel, les Malécites refusent toujours de se voir confinés dans une réserve, aucun d'entre eux ne vit en permanence sur l'une ou l'autre des réserves fédérales de Whithworth et de Cacouna.
Le dernier des Malécites (à demeurer sur la réserve) de Cacouna, M. Joseph Launière, jouissait de l'estime générale de ses concitoyens. Il est décédé et a été inhumé à Cacouna le 24 août 1972, à l'âge de 86 ans et un mois. Depuis, la réserve des Malécites est inhabitée.
Ps: Voir aussi l'historique foncier de la réserve ainsi qu'un bref historique de l'arpentage des limites. Source: Ressources naturelles Canada
La Seigneurie Leparc
23 décembre 1673
2. Quand les Blancs découvreurs et missionnaires, vinrent-ils chez nous pour la première fois? Nous sommes réduits à des conjectures. Comme la presqu' île de Cacouna et la petite Ile-Verte sont voisines, il est bien permis d'imaginer que Cartier (1534 et 35) et Champlain(1603) explorèrent les alentours de l'île.
Quand aux missionnaires, à partir de 1650, ils desservirent les rives nord et sud du Saint-Laurent, en traversant le fleuve, avec plus de facilité, semble-t-il, que nous n 'en avons maintenant. Mais il faut attendre 1673 pour sortir du domaine des conjectures.
C'est le 23 décembre de cette année, que la Compagnie des Indes Occidentales concéda du coup trois seigneuries:
Verbois: Saint-André
Chesnaye: Rivière-du-Loup
Leparc: Kakouna.
Voici en quels termes comment fut faite cette dernière concession:
La compagnie des Indes-Occidentales, sur la demande qui nous a esté faite par le Sr. Daulier du Parc, de lui vouloir accorder une continence de terre dans la Nouvelle-France, sur le grand fleuve St. Laurent, du costé du sud, A prendre aux bornes de la concession du sieur de la Chesnoye sur la Rivière-du-Loup, sur une estendue de deux lieues de face et deux lieues de profondeur, avec droit de pêche et de chasse et propriété des lacs et rivières, mines et minières qui se trouveront dans la dite concession, et des bastures et isles du dit fleuve Saint-Laurent, vis-à-vis d'icelle: Nous, directeurs de la dite compagnie, reconnoissant combien il est important pour le bien et augmentation des colonies, de la Nouvelle-France, que des personnes de moyens et bien intentionnées y forment des establissements, avons, au nom d'icele compagnie, donné et concédé, donnons et concédons par ces présentes au dit sieur Daulieu Duparc la dite continence de terre dans la Nouvelle-France, sur le grande fleuve St. Laurent, du costé du sud, A prendre depuis la borne du dit sieur de la Chesnoye sur la Rivière-du-Loup, dans une estendue de deux lieues de face sur deux lieues de profondeur, que l'on nommera dorénavant "Le parc", avec la propriété des mines et minières, des lacs et rivières qui se trouveront dans la dite concession, des isles et bastures du dit fleuve Saint-Laurent, vis-à-vis d'icelle, et de plus, tout droit de pêche et de chasse dans 1'estendue d'icelle, pour par le dit sieur Daulier Duparc, ses hoirs et ayans cause, jouir à perpétuité de la dite concession en toute propriété et seigneurie, à l'effet de laquelle dite concession, nous avons révoqué et révoquons par ces dites présentes toutes autres concessions qui pourroient avoir esté ci-devant faites par nous ou autres de la dite continence de terre ou partie d'icelle, supposé qu'elle ne soit point actuellement défrichée. A la charge par le dit sieur Daulier Du parc et ses successeurs de la foy et hommage qu'ils seront obligés de rendre à la dite compagnie, à chaque mutation de propriétaires, au fort St. Louis de Québec, ou en cette ville de Paris, au bureau de la direction générale d'icelle compagnie, avec un écu d'or qui sera payé en rendant le dit hommage, dont il sera expédié acte, et encore à la charge et condition que le dit sieur Saulieu Duparc fera commencer dans trois ans le défrichement des terres de la dite concession, dont l'arpentage sera fait et les bornes plantées dans le dit temps, à faute de l'exécution desquelles charges les terres contenues en icelle concession seront réunies au domaine de la dite compagnie qui en pourra disposer comme bon lui semblera, sans que pour ce sujet le dit sieur Saulier Duparc ny autres puissent prétendre aucun dédommagement, lesquelles conditions ont été acceptées par le dit S. Daulier Duparc. En foy de quoi nous avons signé ces présentes, icelles fait contresigner par le secrétaire général de la dite compagnie, et scellées des armes d'icelle, à Paris le vingt-troisième jour de décembre mil-six-cent-soixante-et-treize."
(Signés) BILLANZANI ET DAULIER.
Plus bas, Par la Compagnie,
A. DAULIER DESLANDE
Avec paraphe, et scellé des armes de la compagnie
Les Acadiens
Lors de la déportation des Acadiens en 1758, plusieurs familles s'étaient réfugiées dans les bois de la rivière St-Jean au Nouveau-Brunswick.
Lorsqu'une expédition de milice anglaise fut envoyée pour les en déloger. Certaines familles entreprennent parfois à pied leur fuite de la déportationdont dont un groupe dirigé par Michel Bergeron suivirent le même chemin que les Malécites avaient pris vers 1679 et fuyèrent vers le lac Témiscouata en passant par le chemin du Portage et atteignirent Cacouna après plusieurs mois de marche à travers les bois et occupèrent des lots non concédés.
Parmi ces derniers, on retrouve quelques
membres des familles Cyr, Cormier, Daigle, Hébert (originaires de Beaubassin),
Fournier et Mercure. Plusieurs familles déportées au
Massachusetts et quelques réfugiés sortis des bois du Nouveau-Brunswick se
joignirent à eux.