Les Fondatrices

Mère Mallet et les trois fondatrices du Couvent de Cacouna

2. Marcelle Mallet, née à la Côte-des-Neiges (Montréal), le 26 mars l805, connaît une enfance marquée par les deuils, des déménagements, la pauvreté, la dispersion de la famille.
Mère MalletAprès sa première communion, elle rejoint son unique frère, Narcisse, à Lachine, chez des parents adoptifs qui lui prodiguent tendresse et confort. Un brillant avenir lui est offert, aux dires de son frère, mais Marcelle a déjà fait un choix tout autre: consacrer sa vie à donner du bonheur à ceux qui n'en ont pas.
En mai 1824, elle entre dans la congrégation des Soeurs Grises de Montréal, fondée par Marguerite d'Youville, à la spiritualité compatissante et active.
Vingt-cinq ans plus tard, quand l'Église de Québec veut établir dans la capitale une congrégation de Soeurs de la Charité, Mère Mallet s'offre comme fondatrice. Elle arrive à Québec, le 22 août 1849, alors qu'une épidémie ravage la ville. Avec quelques compagnes, elle commence immédiatement son oeuvre de charité: soin des malades à domicile, visite des pauvres, hébergement des orphelines, l'aide aux séminaristes, l'ouverture d'un dispensaire pour les pauvres. Enfin Mère Mallet fonde cinq maisons d'éducation en dehors de Québec: d'abord à Cacouna, puis à Lévis, Deschambault, Plessisville et La Pocatière. Cette seule nomenclature de certaines des oeuvres mises sur pied par la fondatrice peut susciter beaucoup d'étonnement. Qui était donc Mère Marcelle Mallet?
Une femme de bonté
Voici comment Soeur St-Alphonse parle de la bonté de Mère Mallet qu'elle avait eue comme maîtresse des novices: «Qu'on se représente un coeur auquel la nature n'a rien refusé de ce qui pouvait le rendre bon, sensible, doux, bienveillant, aimant, que l'on suppose ensuite que toutes les tendres affections de ce coeur ont été transformées par la charité, et l'on aura le coeur de Mère Mallet. Ce trésor de tendresse qu'elle portait en elle paraissait sur tout son extérieur et sur toutes les personnes placées sous sa dépendance ou dans son amitié. Mère par le coeur, elle l'était encore dans ses paroles ou dans son regard.» Mais cette bonté, si louée par nombre de contemporains, n'avait rien de doucereux, car nous voici devant une femme d'un grand équilibre.
Une femme équilibrée
L'équilibre de Mère Mallet a été reconnu par les personnes qui l'ont côtoyée. Monseigneur Elzéar-Alexandre Taschereau, qui fit l'éloge funèbre de la bonne Mère, affirmait que la douceur de Mère Mallet tempérait sa fermeté, sa force de caractère, et que sa fermeté maintenait sa bonté, son indulgence dans de justes limites, empêchant cette bonté de dégénérer en faiblesse. Témoignage non équivoque d'une femme parvenue à un haut degré d'unification de son être.
Une femme axée sur le Coeur de Jésus
Ce qui traduit le plus profondément Mère Mallet est sans doute son culte envers le Coeur de Jésus, qu'elle a cherché à propager le plus possible. Après sa mort, on a trouvé quelques bouts de papier sur lesquels elle avait écrit: «Allons, en toutes nos peines, nous consoler dans le divin Coeur de Jésus, siège de toutes les vertus, si j'aime le Coeur de Jésus, rien ne me coûtera. Je le prie d'embraser mon coeur de son amour et de me donner la douceur, la patience, l'humilité, la résignation.»
Ses filles ont hérité de cette dévotion qu'elles s'efforcent de communiquer aux Associé(e)s à la congrégation, aux jeunes Ami(e)s de Marcelle-Mallet et à toutes les personnes avec lesquelles elles collaborent. Elles ont également reçu en partage son charisme de charité qu'elles traduisent en dévouement auprès des personnes dans le besoin, au Québec, aux États-Unis, au Japon, au Paraguay, en Argentine et en Uruguay.
La cause de cette femme de Dieu est en cours de Rome en vue d'une éventuelle canonisation. Plusieurs affirment avoir reçu, par son intercession, réponse à des demandes d'ordre matériel. Plus nombreuses sont celles qui témoignent d'une transformation en profondeur de leur existence, comme cette dame qui écrit: «Depuis que je prie Mère Mallet, ma vie est plus douce.»
Directrice du Centre Marcelle-Mallet
Viola Greene, s.c.q.
 

3. La fondation


Cacouna en 1896 Bibliothèque nationale du Québec: plan du village tel que dessiné
par Chas. E. Goad en 1896 - Image: 2000X2387 (2.5mo)
Dès le début de 1857, un nouveau champ s'ouvrait au zèle de la Révérende Mère Mallet. Plusieurs Curés de la campagne désireux de confier l'éducation des jeunes filles de leur paroisse à des religieuses, bâtissaient des couvents. Les Communautes du Canada, peu favorisées de sujets, étaient souvent, forcées de donner une réponse négative aux pressantes sollicitations de ces dignes prêtes. Quoique sa maison ne fut encore qu'à son berceau, plusieurs demandes de ce genre avaient été faites à la Révérende Mère. Elle donna une réponse favorable au Révérend J.C.Clouthier, Cure de Cacouna, qui se hâtait de faire terminer son couvent, car il voulait que les Soeurs en prissent possession dès l'automne.
À cette fin, le bon Curé se rendit à Québec pour s'entendre avec la Révérende Mère. Il n'y avait pas alors la facilité dont nous jouissons aujourd'hui pour les voyages, la voie ferrée n'existant pas. Il fut convenu que les trois Soeurs missionnaires partiraient pour leur nouvelle résidence le 29 aout 1857. Il est bon de dire que Mère Mallet, en acceptant des maisons dans les campagnes, était peu exigeante; presque toutes celles qu'elle fonda, si on en excepte le couvent de Lévis, étaient, au début, d'une pauvreté extrême. Cacouna, qui fut sa première mission, manquait des meubles les plus indispensables; les Sœurs et la Réverende Mère elle-même durent faire, à leur arrivée, une quête dans la paroisse et dans les paroisses environnantes pour se les procurer. La gloire de Dieu et le bien à faire dans les paroisses où on désirait ses filles, étaient les seules considérations de la chère Fondatrice, quand il s'agissait d'accepter un établissement.
Ses filles n'eurent pas trop à souffrir, car cette bonne Mère, malgré la pauvreté de la Maison-Mère, partageait avec ses Soeurs missionnaires le peu qu'elle avait; ainsi, elle fit donner aux Soeurs de Cacouna le linge suffisant. Il n'en restait pas assez pour la soeur de la Maison-Mère:"Donnons, donnons, dit-elle, ces pauvres, enfants auront bien assez d'autre chose à souffrir" elle partagea de même les autres articles de la lingerie. La chère Mère fit acheter à crédit du draps pour faire une cape à chacune, et la Maison-Mère paya de ses propres deniers. Quoique sa bibliothèque fût loin d'être considérable, tous les volumes furent passés en revue et un bon nombre prit le chemin de la nouvelle résidence.
Voilà comment cette Mère aimante savait alléger le fardeau de ses filles, elle conduisit elle-même à Cacouna, les nouvelles missionnaires ; ce furent les Sœurs Marie de Jésus, St François-Xavier et St Joseph.  Elle demeura une dizaine de jours avec elles, mais il fallut songer au retour. Que dirai- je des regrets des Soeurs de la maison naissante au départ de cette tendre Mère ? Elles ne la devaient revoir que l'année suivante. Écoutons une des Sœurs alors présentes " Quel sacrifice ce fut pour nous de nous séparer d'une Mère que nous affectionnons de toute notre âme!... elle nous remercia des sentiments d'affection et de soumission que nous lui avions témoignés et nous engagea à les reporter sur notre chère Soeur Marie de Jésus qui devait la remplacer. Elle nous excita fortement à la dévotion envers le Sacré Coeur de Jésus et la Très Ste Vierge et nous promit de ne point nous oublier dans ses prières. Il fallait en venir au dernier adieu, il se fit au milieu des larmes."
 Désolée d'avoir quitté ses Soeurs si affligées, la Bonne Mère, aussitôt de retour à Québec, leur écrivit une lettre où, dans les plus affectueux épanchements du cœur, elle leur fait quelques recommandations; on lira cette lettre avec attendrissement:
          "J'éprouvais un si grand désir de vous consoler du sacrifice que vous avez fait en quittant, les premières, la Maison Mère, que je me sentais disposée à supporter beaucoup plus de fatigues pour vous accompagner dans votre nouvelle demeure. Maintenant, plus la consolation que j'ai eue d'être avec vous, là-bas, a être grande, plus est grande aussi la peine que j'ai éprouvée de vous quitter. Je vous ai laissées, chères Sœurs, mais mon pauvre coeur de Mère est bien gros et bien souffrant à cause de vous, le Bon Dieu l'a voulu, résignons-nous à sa sainte et divine volonté. Une mère doit vivre de sacrifices et toujours porter la croix. D'ailleurs, mes chères Sœurs, que je sois loin, ou près de vous, je vous porte dans mon cœur, qui vous chérit tendrement et ne bat que pour votre bonheur. En retour de mon attachement pour vous, mes bien chères Sœur, je vous demande une grande application à l'oeuvre de votre perfection, et pour cela, attachez-vous à l'esprit de foi, à la pureté d'intention. À l'humilité et au renoncement. Je vous recommande la ferveur et la fidélité aux exercices de piété, la soumission à la sainte charité."
C'est avec une entière confiance que je vous laisse entre les mains de Jésus et de Marie. J'ajouterai, en terminant, que vous avez été le sujet de mes pensées tout le long du voyage;vous m'avez toutes accompagnées jusqu'ici. Vous serez toujours présentes à mon esprit et à mon souvenir ainsi qu'à celui de la Communauté. Je vous embrasse tendrement comme je vous aime."
Votre Mère affectionnée,
(Signé) Soeur M. A. M. Mallet, Supérieure.

1. Soeur MARIE-DE-JÉSUS, supérieure
1832-1880

Soeur Marie-de-Jésus, née Marie-Cécile Lamothe, naquit à Saint-Roch de Québec de Sieur Benjamin Lamothe et de dame Marguerite Maheux. Encore jeune, elle perdit son père. Sa vertueuse mère concentra toutes ses affections sur ses chers enfants. Cécile fut placée au Couvent des Dames de la Congrégation, à Saint-Roch, où elle fit son cours, protégée par le Révérend Monsieur N. Parent, chapelain du couvent. Douée de talents et d'une heureuse mémoire, elle s'y distingua par son application et ses succès.
Tout en elle présageait une privilégiée du Seigneur, aussi, on ne fut pas surpris, quand elle manifesta son désir de se faire religieuse. Elle entra au noviciat des Soeurs de la Charité de Québec, le 16 mars 1852.
Trois ans après sa profession, la Vénérée Mère Mallet la jugea digne de remplir un poste de confiance, et elle la nomma première supérieure du Couvent de Cacouna en 1857.
Elle passa six ans comme supérieure à Cacouna, montra beaucoup de zèle dans l'organisation du couvent et elle fut très aimée de ses soeurs et des paroissiens de Cacouna.
En 1863, on l'élut Hospitalière Générale. En 1866, elle se vit confier la charge d'Assistante-générale. En 1869, elle fut nommée supérieure à Plessisville. Par ses manières polies et affables, une physionomie où se lisait la bonté, elle gagnait tous les coeurs. On allait à elle avec simplicité et confiance, ses paroles onctueuses et faciles pénétraient dans les âmes et y portaient la semence des fruits les plus précieux.

1. Soeur SAINT-FRANÇOIS-XAVIER
1834-1894

Soeur Saint-François-Xavier, née Marcelline Baillargeon, naquit à Saint-Roch de Québec le 30 juillet 1834, de Sieur Pierre Baillargeon et de Dame Marie Grenier. Entrée en religion le 13 août 1853, elle fit profession le 8 septembre 1855. En 1857, elle était appelée à prendre part à la fondation du Couvent de Cacouna, où elle missionna jusqu'en 1867, en qualité d'assistante. Rappelée à la Maison-Mère vers cette époque, puis nommée dans la Beauce, c'est de là qu'elle revient en 1876 pour prendre la charge de Supérieure à Cacouna, succédant à Soeur Marie-duSacré-Coeur, supérieure de 1863-1866. Elle y demeura un an seulement. Après avoir travaillé durant 47 ans, 4 mois et 14 jours à la Vigne du Seigneur, elle s'éteignit à l'âge de 60 ans, 6 mois et 7 jours, le 27 décembre 1894.
Soeur Saint-François-Xavier n'était pas seulement une bonne religieuse, mais elle était la bonté même. On ne saurait dire ce qu'était son coeur ; on en sentait la charité, l'exquise délicatesse. Cette bonne religieuse ne savait faire de la peine, elle accueillait tout le monde avec un sourire et un mot de bienveillance.
Soeur Saint-François-Xavier n'opposa jamais la moindre résistance aux désirs de ses supérieures ; elle accomplissait les plus petites injonctions avec une soumission et une fidélité plus qu'ordinaires : c'était une vraie religieuse . .
L'esprit de pauvreté vivait en elle, dans toute sa vigueur, en maintes occasions, nous avons pu admirer l'amour que cette chère soeur avait pour cette vertu. Sa piété semblait avoir quelque chose 44 celle des anges ; elle se perdait pour ainsi dire, dans la pensée de Celui avec qui elle s'entretenait.
Les vertus qui font la véritable soeur grise, s'épanouissaient en son âme et elle cherchait à les faire grandir de jour en jour. Elle servait le bon Dieu de son mieux, droitement, paisiblement, sans bruit et sans ostentation, confiante en la miséricorde et en la bonté de son Père céleste.
Elle mourut en répétant lentement ces paroles : "Seigneur, je remets mon âme entre vos mains" . . .
Extrait : Circ. mortuaires. 1851-1901.

1. Soeur SAINT-JOSEPH
1834-1876

Soeur Saint-Joseph, née Ludivine Noël, naquit à Saint-Laurent, 1.-0. le 21 mars 1834, de Sieur Augustin Noël et de Dame Marie Labrecque. Elle fit profession le 4 septembre 1856.
Une des fondatrices du Couvent de Cacouna, elle s'y est dévouée durant quatre ans. Les nombreuses qualités dont elle était douée auraient pu la faire paraître avec éclat dans le monde ; mais elle méprisa ces avantages terrestres, et jeune encore, elle demanda son entrée dans la Communauté des Soeurs de la Charité.
Soeur Saint-Joseph réalisa pendant les années de sa vie religieuse les belles espérances qu'avait fait concevoir sa conduite toujours régulière et édifiante, au noviciat.
Attentive à tous ses devoirs, elle a donné l'exemple de l'obéissance et de la charité. Jamais elle ne refusait un service, même lorsqu'elle était très occupée ou que de très cruelles douleurs la faisaient souffrir. D'une grande énergie de caractère, elle n'a rien trouvé au-dessus de ses forces, dans n'importe quel emploi confié à ses soins. Elle mettait sa confiance en Dieu et agissait ensuite avec calme et sûreté. On eut dit qu'elle avait pris pour devise le mot de Saint-Paul : "Je puis tout en Celui qui me fortifie" . .
Sa dévotion particulière était envers la Sainte Eucharistie. Le Tabernacle était pou elle l'oasis au milieu du désert de la vie; la sainte Communion, un ciel anticipé.
Soeur Saint-Joseph a passé la plus grande partie de sa vie religieuse dans les résidences de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et de Deschambault, comme supérieure ou maîtresse de pensionnat. Son dévouement ne connaissait pas de bornes.
Elle mourut dans la paix du Seigneur, le 17 février 1876, après avoir enduré avec patience une longue et douloureuse maladie.
Extrait : Circ. mortuaires. 1851-1901.

1. Les Supérieures du couvent de 1857-1957


Soeur Marie-de-Jésus, Fondatrice 1857-63
Soeur Marie-du-Sacré-Coeur, 1863-66
Soeur Saint-François-Xavier, 1866-67
Soeur Sainte-Madeleine, 1867-70
Soeur Saint-Stanislas, 1870-72
Soeur Marie-de-la-Conception, 1872-74
Soeur Marie-du-Saint-Sacrement, 1874-80
Soeur Marie-de-la-Victoire, 1880-82
Soeur Marie-des-Anges, 1882-88
Soeur Saint-Jean, 1888-94
Soeur Saint-Roch, 1894-98
Soeur Saint-Jean-Baptiste, 1898-1904
Soeur Saint-Léon, 1904-10
Soeur Sainte-Thais, 1910-16
Soeur Saint-Philias, 1916-17
Soeur Sainte-Rose-Marie, 1917-22
Soeur Saint-Déodat, 1922-28
Soeur Sainte-Chantal, 1928-33
Soeur Saint-Grégoire-de-Nysse, 1933-35
Soeur Sainte-Héloise, 1935-36
Soeur Saint-Antonio, 1936-38
Soeur Sainte-Rose-de-Viterbe, 1938-44
Soeur Saint-François-Solano, 1944-50
Soeur Sainte-Praxède, 1950-56
Soeur Sainte-Thérèse-de-Lisieux, 1956-..
Total de 25 supérieures

ACTES de DONATION d'un terrainà la Fabrique pour la construction d'un couvent
1. COPIE de l'ACTE de DONATION de M. J.-B. Beaulieu, notaire, d'un terrain à la Fabrique pour la construction d'un couvent
Le 9 mars 1856, devant le Notaire Michel-Honoré S. Jorre, de Cacouna.
DONATION par Jean-Baptiste Beaulieu, demeurant à Cacouna, notaire, capitaine de milice, maître de poste et surintendant du Comté,à la FABRIQUE DE CACOUNA, pour l'établissement d'un COUVENT :
Un arpent de terre de front sur 1/2 arpent de profondeur, au premier rang, tenant par le nord-ouest au donateur à la distance d'une perche du côté sud-est de la cave à patates du donateur; en courant sud-est la distance de 5 perches sur le terrain du donateur.
Joignant par le nord-est à la terre de Pierre-Abel Marquis et autres, par le sud-ouest au terrain de la fabrique, sur lequel terrain ainsi donné les fondations du couvent sont actuellement commencées.
Le dit terrain appartenant pour plus grande étendue au donateur par acquisition de Raphaël Guéret dit Dumont, le 11 novembre 1850, devant le notaire J.-B. Talbot de Rivière-du-Loup.


COPIE de l'ACTE de DONATION de M. Pierre-Abel Marquis
d'un terrain à la Fabrique de Cacouna pour la construction d'un couvent
Le 9 mars 1856, devant le notaire M.-H. S. Jorre de Cacouna.
DONATION à la Fabrique de Cacouna, par Pierre Abel Marquis, père, cultivateur et maître-forgeron, de Cacouna, pour l'établissement d'un couvent de filles à Cacouna :
Un demi arpent de terre de front sur un arpent de profondeur, au premier rang, borné par le nord, le nord-est et le sud au donateur, et par le sud-ouest au terrain du couvent donné ce jour par J.-B. Beaulieu.
Le terrain donné par Pierre-Abel Marquis fait partie d'une plus grande étendue de terre acquise de Raphaël Guéret dit Dumont.

COPIE de la RÉSOLUTION de la FABRIQUE de CACOUNA donnont GRATUITEMENT aux SS. de la Charité le terrain où se trouve construit le couvent

Le vingt-quatre août mil huit cent cinquante-sept, dans une assemblée de marguilliers anciens et nouveaux de cette paroisse, convoquée au prône pour être tenue à la sacristie à l'issue de la messe du jour, annoncée au son de la cloche et présidée par nous curé soussigné.
Dans la dite assemblée, il a été résolu que monsieur le curé soit autorisé à donner aux Soeurs de la Charité dites Soeurs Grises, le terrain sur lequel est bâti le couvent, lequel terrain lui avait été donné précédemment par MM. Beaulieu et Marquis .. .
C'est aussi dans la même assemblée que les fabriciens ont décidé de donner la partie du terrain, avec l'ordre ou la permission de Monseigneur, la partie de terrain qui se trouve devant le couvent s'étendant jusqu'à la sacristie, finissant au nord à la ligne du terrain du couvent.
Quelques uns ont signé, les autres ont déclaré ne savoir signer Abraham Pelletier,
Benjamin Dionne,
J.-C. Cloutier, ptre curé.